samedi 14 novembre 2009

Toulouse : L'heure du choix ! Bourg régional ou métropole européenne


Titre excessif, je ne crois pas !
De retour de déplacements en Italie puis en Espagne, j'ai pu mesurer combien les capitales régionales de ces pays du sud de l'Europe bougent. Mon dernier déplacement m'a conduit à Valencia.
Voilà une ville de la taille de notre agglomération (850000 habitants), dont le budget, c'est à noter, est comparable à celui de la ville de Toulouse (environ 850 M€) et qui a fait le choix de rayonner. Songez-y : Valencia accueille un grand prix de Formule 1, a organisé l'América Cup est au premier plan avec son étape du Mondial de Moto ou son tournoi de tennis professionnel de l'ATP Tour sans compter la grande fête anuelle "Les Fallas" qui accueille un million de personnes. Ceci illustre le dynamise d'une ville qui n'est pas particulièrement bien placée sur la carte d'Europe. Valencia est à plus 3heures en voiture de Barcelone, direction le sud. Cette ville, je l'ai constaté, a également résolu dans le centre les problèmes de propreté et de stationnement sauvage sans ériger des barrières, une politique de rigueur a été le choix. Elle s'est aussi résolument tournée vers la modernité avec son architecture futuriste (photos ci-jointes).
Et Toulouse, et nous ?
La propreté y est perpétuellement en débat, la question de la sécurité dans le centre ville devient une préoccupation grandissante et nous ne connaissons rien des choix qui vont engager l'avenir de la ville. Mais, vous me direz la Prison St Michel, la Gare TGV, le tramway, l'Aerospace campus, L'Ile du Ramier, le Parc des Expositions, Les Berges de la Garonne, Le Mirail .... sont des projets.
Certes, mais deux observations s'imposent. D'une part, tous ces projets ont été engagés par la précédente équipe municipale. Ce n'est pas être partisan que de faire le constat objectif qu'il n'y a rien de neuf. D'autre part, laisser croire aux Toulousains que tout ceci sera réalisé est inexact. L'argent manque selon les dires de la Mairie !
La ville doit donc faire des choix.
Prenons l'exemple des projets culturels: La Mairie ne peut pas vouloir, ou plutôt laisser croire que des réalisations culturelles d'envergures vont être réalisées à l'Hopital La Grave dont l'usage devrait revenir à la ville, à la Prison St-Michel que la mairie envisage d'acquérir et au Mirail suivant le programme de Mr COHEN. Deux de ces trois projets sont au moins de trop si l'on veut tenir compte des réalités financières et surtout de la nécessité de réaliser un projet dont le rayonnement dépasse les frontières de Midi Pyrénées. En effet, une réalisation de dimension régionale n'aurait pas de sens. Pour mémoire, la fréquentation de la Cité de l'Espace stagne car son offre ne suffit pas à attirer les flux de touristes. Manquer d'ambition pour une réalisation culturelle serait prendre le risque de ne pas lui assurer l'autonomie économique; à terme le projet se traduirait alors par une charge pour la ville.
Ambition ne rime pas avec dispersion. Le cas de la rénovation de la rue Alsace Lorraine illustre cette idée de dispersion. Elle va être rénovée mais ... sur une partie seulement. Vont cohabiter une partie rénovée et une partie qui avait été installée de manière temporaire, qui n'était pas faite pour durer, et qui est très dégradée.
La politique du "petit bras" n'a plus court dans une Europe où beaucoup de capitales régionales se distinguent et prétendent se positionner sur le terrain de l'innovation et de l'accueil des industries nouvelles.
Toulouse doit faire des choix pour ne pas décrocher, pour attirer les activités qui assureront les emplois de demain. Les atouts de Toulouse nous obligent.
Tout ceci pourquoi ?
Pour que la ville ait les moyens d'améliorer le cadre de vie, les politiques de solidarité, les services aux personnes, puisse multiplier les infrastructures sportives, assurer la gratuité des transports qui se justifie, autant d'avantages qui ne doivent pas être financés par la dette mais par la richesse produite ...
Une ligne claire est nécessaire pour Toulouse.
En attendant, soyons honnête. On peut se réjouir d'avoir été retenu parmi les 12 villes qui peut-être organiseront l'Euro de Football. Mais n'est-ce pas normal pour la quatrième ville de France ? L'ambition est ailleurs, si nous en sommes aux métaphores sportives disons le, plus loin, plus haut, plus fort...

vendredi 23 octobre 2009

Toulouse : Le Maire de quartier est mort, vive l'arrondissement !


La ville de Toulouse, malgré sa taille, n'est pas dotée d'arrondissements. De plus, le maire de Toulouse a choisi de mettre un terme à une pratique usuelle, le maire de quartier. La conséquence de ce centralisme jacobin à l'échelle d'une ville de prés de 4500000 habitants, c'est l'absence de responsable sur le territoire. Or, la responsabilité est consubstantielle de l'action politique. Et le maire qui de surcroît est aussi député et président de la communauté urbaine du Grand Toulouse ne peut prétendre contrôler seul la quatrième ville de France.

Aujourd'hui à Toulouse, il n'y a plus d'interlocuteur unique au niveau de chaque quartier pour traiter des problèmes de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, mais un écheveau de services centralisés animés au plan local par un duo composé de membres de l'équipe municipale qui n'ont pas autorité sur les dits services. L'organisation actuelle de Toulouse permet de dialoguer certes, mais pas de décider ni d'avancer.

Je milite pour une ville de Toulouse organisée en arrondissements comme l'est la ville de Lyon depuis 1982. Sachez qu'à cette époque Lyon comptait moins d'habitants, 413 095 selon l'INSEE exactement, que Toulouse aujourd'hui qui affiche 437 715 habitants toujours selon l'INSEE. Or, ce qui était vrai il y a 27 ans pour Lyon est particulièrement vrai aujourd'hui à Toulouse dans un contexte urbain beaucoup plus sophistiqué. Notez en outre que nombre de quartiers toulousains comptent plus d'habitants que beaucoup de villes qui composent la communauté urbaine et ont pourtant leurs propres élus.

L'organisation par arrondissement répondrait à l'exigence démocratique de notre temps, on saurait avec qui le Maire va gouverner la ville et les conseils d'arrondissements feraient respirer le territoire urbain sans porter atteinte à l'unité de Toulouse.
Un exemple: La rive gauche, Saint-Cyprien où je vis, a un problème spécifique lié au maintien de la diversité de ses commerces. Cela nécessite une action particulière qui n'est pas la même que celle à mettre en oeuvre pour l'hyper centre richement doté en commerces ou pour les quartiers qui ont une identité plus résidentielle. Un projet bâti par un conseil d'arrondissement démocratiquement élu permettrait d'afficher une vision globale pour cette rive. Au lieu de cela, nous devons attendre que soit bâti un schéma directeur immense qui englobera toute la ville et prendra un temps infini à sortir. Pendant ce même temps, les commerces meurent sur la rive gauche.

J'invite à un débat à froid, maintenant, à un peu plus de quatre ans de la prochaine échéance municipale. Un consensus doit être possible sur cette question. L'organisation de Toulouse doit être à l'aune de ses ambitions de ville d'Europe.

dimanche 18 octobre 2009

Toulouse: Sans logis de la Garonne, pourquoi ça dure ?


La ville de Toulouse accueille des sans logis sur les bords de la Garonne, vers le Pont Saint-Michel et au-delà, depuis de nombreuses semaines. Situation inquiétante avec l'arrivée des premiers froids et au vu des conditions sanitaires déplorables du lieu. Mon interrogation porte sur les raisons pour lesquelles la Mairie choisit de laisser faire. Cette attitude a conduit le nombre de sans logis à croître et à leur laisser croire qu'ils peuvent s'installer dans cette précarité préjudiciable à leur santé.
On le sait, comme à chaque fois, la situation ne pourra perdurer. On l'a vu avec les autres occupations, du canal Saint Martin à Paris au Canal du Midi ici à Toulouse. L'intérêt pour ces personnes va croître avec la baisse de la température ce qui va entraîner une prise de conscience, l'émotion va gagner les médias qui feront pression sur les élus et alors les associations qui s'occupent de ces personnes depuis les premiers jours verront comme par miracle arriver les solutions.
La stratégie du laisser faire n'est pas bonne. Elle conduit à régler chaque situation en pleine tension et donne raison à ceux qui pensent que seul le rapport de force permet de trouver des solutions aux problémes sociaux.
La question des sans logis est délicate. Chaque ville doit contribuer à la résolution du problème par la mise à disposition d'un nombre de place d'accueil proportionnel à sa population. Toulouse doit inviter les villes de la communauté urbaine à contribuer à la solution.

mardi 13 octobre 2009

Grand Toulouse, grève des éboueurs : Concessions financières annoncées


Le passage en communauté urbaine apporte son lot de difficultés sociales qui étaient pourtant prévisibles. La quatrième ville de France est pour le quatrième jour consécutif sans ramassage des ordures ménagères. L'issue est connue, des concessions significatives seront faites pour faire arrêter le conflit. Cela soulagera instantanément la population qui ne supportera pas longtemps sa ville dans cet état. Ville que l'on disait déjà sale par insuffisance de moyens alloués aux agents. Mais cela aura pour cette même population des conséquences sur la feuille d'impôt. Si l'on en croit le Président du Grand Toulouse Pierre COHEN, la hausse des impôts sera de 1,8M€ pour une augmentation de 50 €/agent.
Nous ferons les comptes à la fin de la grève.

Loin de moi l'idée de donner une leçon de gestion de conflit social, d'autres qui exercent un magistère dans cette ville s'expriment allégrement à l'occasion dans la presse à ce sujet. Toutefois, on peut être raisonnablement critique en affirmant que la précipitation choisie pour conduire le passage en communauté urbaine n'était à l'évidence pas la bonne stratégie.

Le temps social est plus lent que celui des intérêts politiques souvent eux immédiats. Un changement de statut nécessite du dialogue et du temps pour comprendre les évolutions et y adhérer. Premier écueil donc en matière sociale pour la direction du Grand Toulouse sur le premier dossier significatif dans ce domaine.

Maintenant, il appartient à nos édiles de trouver une solution dans les meilleurs délais pour sortir la ville de ce chaos.