vendredi 23 octobre 2009

Toulouse : Le Maire de quartier est mort, vive l'arrondissement !


La ville de Toulouse, malgré sa taille, n'est pas dotée d'arrondissements. De plus, le maire de Toulouse a choisi de mettre un terme à une pratique usuelle, le maire de quartier. La conséquence de ce centralisme jacobin à l'échelle d'une ville de prés de 4500000 habitants, c'est l'absence de responsable sur le territoire. Or, la responsabilité est consubstantielle de l'action politique. Et le maire qui de surcroît est aussi député et président de la communauté urbaine du Grand Toulouse ne peut prétendre contrôler seul la quatrième ville de France.

Aujourd'hui à Toulouse, il n'y a plus d'interlocuteur unique au niveau de chaque quartier pour traiter des problèmes de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, mais un écheveau de services centralisés animés au plan local par un duo composé de membres de l'équipe municipale qui n'ont pas autorité sur les dits services. L'organisation actuelle de Toulouse permet de dialoguer certes, mais pas de décider ni d'avancer.

Je milite pour une ville de Toulouse organisée en arrondissements comme l'est la ville de Lyon depuis 1982. Sachez qu'à cette époque Lyon comptait moins d'habitants, 413 095 selon l'INSEE exactement, que Toulouse aujourd'hui qui affiche 437 715 habitants toujours selon l'INSEE. Or, ce qui était vrai il y a 27 ans pour Lyon est particulièrement vrai aujourd'hui à Toulouse dans un contexte urbain beaucoup plus sophistiqué. Notez en outre que nombre de quartiers toulousains comptent plus d'habitants que beaucoup de villes qui composent la communauté urbaine et ont pourtant leurs propres élus.

L'organisation par arrondissement répondrait à l'exigence démocratique de notre temps, on saurait avec qui le Maire va gouverner la ville et les conseils d'arrondissements feraient respirer le territoire urbain sans porter atteinte à l'unité de Toulouse.
Un exemple: La rive gauche, Saint-Cyprien où je vis, a un problème spécifique lié au maintien de la diversité de ses commerces. Cela nécessite une action particulière qui n'est pas la même que celle à mettre en oeuvre pour l'hyper centre richement doté en commerces ou pour les quartiers qui ont une identité plus résidentielle. Un projet bâti par un conseil d'arrondissement démocratiquement élu permettrait d'afficher une vision globale pour cette rive. Au lieu de cela, nous devons attendre que soit bâti un schéma directeur immense qui englobera toute la ville et prendra un temps infini à sortir. Pendant ce même temps, les commerces meurent sur la rive gauche.

J'invite à un débat à froid, maintenant, à un peu plus de quatre ans de la prochaine échéance municipale. Un consensus doit être possible sur cette question. L'organisation de Toulouse doit être à l'aune de ses ambitions de ville d'Europe.